French Tech : Nova, l’alternative économique à Tremplin, ambitionne de renforcer la diversité dans le Next 40

French Tech : Nova, l’alternative économique à Tremplin, ambitionne de renforcer la diversité dans le Next 40

La Mission French Tech tourne la page Tremplin. Son nouveau programme, Nova, s’attaque à un problème bien précis : la sous-représentation des profils issus de la diversité parmi les scale-up du Next 40. Avec un budget maîtrisé et une promesse d’accompagnement ciblé, Nova veut déplacer le curseur de la création d’entreprise vers la croissance.

Claire dirige Medlink, une start-up lyonnaise de télémédecine. Elle a suivi Tremplin en 2022. Son produit fonctionne, ses premiers clients suivent. Mais pour lever 10 millions d’euros, elle bute sur des réseaux fermés et des codes qu’elle connaît mal. Son cas illustre précisément la raison d’être de Nova.

Nova, l’héritier recentré de Tremplin sur l’hypercroissance

Tremplin avait été lancé en 2019 par Mounir Mahjoubi, alors secrétaire d’État au Numérique. Son objectif : élargir le vivier de candidats à la création de start-up. Le constat de la Mission French Tech est désormais différent. Ce qui bloque les entrepreneurs issus de la diversité, ce n’est plus tant le passage à l’entrepreneuriat que le passage à l’échelle.

Nova remplace donc Tremplin avec une philosophie recentrée. Le programme s’adresse à des startups déjà structurées, qui ont prouvé leur potentiel de croissance, mais qui rencontrent des freins concrets : difficultés de financement, manque de réseaux stratégiques, faible visibilité sur les marchés. C’est une alternative économique, car les ressources sont concentrées sur un nombre limité de bénéficiaires.

Un programme plus court et plus exigeant que Tremplin

Là où Tremplin s’étalait sur plusieurs mois avec un accompagnement large, Nova se concentre sur une accélération intensive. Une quarantaine de start-up seront sélectionnées chaque année. Cette sélectivité est assumée. Elle vise à créer un effet de levier réel sur le Next 40 et le FT120, ces indices qui recensent les jeunes pousses les plus performantes de l’écosystème.

Le programme ne se contente pas de distribuer des conseils. Il ouvre des portes concrètes. Chaque promotion bénéficie d’un accès direct à des investisseurs, à des grands comptes et à des réseaux d’affaires. Pour Claire, ce type de contact aurait pu raccourcir son cycle de levée de fonds de plusieurs mois. C’est exactement le type de friction que Nova veut éliminer.

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La diversité dans la tech : un enjeu économique plus que moral

le débat sur la diversité dans la tech est souvent posé en termes de justice sociale. La Mission French Tech préfère l’aborder sous l’angle de la performance économique. Les équipes homogènes produisent des innovations redondantes. Les startups dirigées par des profils sous-représentés, elles, adressent parfois des marchés ignorés par les grands acteurs.

Prenons le cas des femmes fondatrices. Elles lèvent moins de fonds que leurs homologues masculins, mais génèrent souvent un meilleur retour sur investissement. Ce paradoxe est documenté. Pourtant, les technologies financées restent majoritairement conçues par et pour une même catégorie de profils. Nova ne se positionne pas comme un correctif moral, mais comme un accélérateur de valeur.

Les obstacles spécifiques à l’échelle, au-delà du financement

La levée de fonds n’est pas le seul frein. L’accès aux marchés publics et privés joue un rôle central. Beaucoup de dirigeants issus de quartiers populaires ou de zones rurales ne connaissent pas les codes de la réponse à appel d’offres.

  • Réseau stratégique : intégrer des cercles de décideurs fermés sans parrainage est quasi impossible.
  • Crédibilité perçue : l’effet halo des grandes écoles pèse encore lourd dans les comités d’investissement.
  • Expérience internationale : la majorité des promotions Nova visent un développement export, souvent mal préparé.

Nova répond en construisant un parcours qui mixe ateliers pratiques et mise en relation directe avec des mentors issus du Next 40. Un ancien fondateur de licorne peut ouvrir plus de portes en une semaine qu’une agence de conseil en un an. Voilà le cœur de la méthode.

Ce que Nova change concrètement par rapport à Tremplin

Pour comprendre le saut qualitatif, comparons les deux dispositifs. Tremplin était un sas d’entrée. Nova est un propulseur de croissance. Les critères, le format et l’objectif diffèrent, comme le montre le tableau ci-dessous.

Critère Tremplin Nova
Public visé Porteurs de projet et jeunes pousses Start-up déjà financées, avec revenus
Durée du programme 6 à 12 mois 3 à 6 mois intensifs
Sélection annuelle Plusieurs centaines Environ 40
Budget estimé Élevé, accompagnement large Réduit, concentré sur l’impact
Objectif Créer des entreprises Intégrer Next 40 / FT120

La recherche de sobriété budgétaire est assumée. En ciblant aussi finement, la Mission French Tech espère obtenir des résultats mesurables sur trois ans : plus de start-up issues de la diversité dans le Top 40, et un effet de démonstration pour les investisseurs.

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Quelles chances réelles d’intégrer le Next 40 ?

Soyons lucides. Le chemin reste étroit. Les critères d’entrée dans le Next 40 sont exigeants : levées de fonds supérieures à 20 millions d’euros, croissance forte, présence internationale. Mais c’est précisément là que Nova peut faire la différence en préparant les startups à ces exigences.

Le pari de la Mission French Tech repose sur un effet d’entraînement. Chaque promotion qui réussit devient un exemple pour la suivante. Chaque fondateur qui entre dans le Next 40 ouvre la porte à dix autres. À condition que les financeurs privés jouent le jeu. Nova pose un cadre, il ne peut pas forcer les décisions d’investissement.

Pour une dirigeante comme Claire, le message est clair : le programme ne résout pas tout, mais il réduit la distance entre une start-up prometteuse et un acteur de premier plan. Le reste appartient à l’exécution, au produit et à la persévérance. C’est une promesse honnête, loin des slogans creux qui ont parfois émaillé l’écosystème.

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