Les intérêts courus concernent toutes les entreprises qui empruntent ou placent leur trésorerie. À la clôture de l’exercice, ces montants doivent être enregistrés avec rigueur. Ce guide présente le traitement comptable des intérêts courus en 2026.
Intérêts courus : définition et traitement comptable
Les intérêts courus désignent les intérêts accumulés entre la dernière échéance et la date de clôture. Ils n’ont pas encore été payés, ni encaissés. Ces sommes concernent à la fois les emprunts et les placements. Leur comptabilisation repose sur le principe d’accrual accounting.
Intérêts courus non échus : des charges à payer
Les intérêts courus non échus, ou ICNE, concernent les dettes de l’entreprise. Elle a bénéficié du financement, mais n’a pas encore réglé les intérêts. Ce montant devient une charge à payer inscrite au passif du bilan. Cela forme des passifs courus.
Intérêts courus à recevoir : des produits à recevoir
Pour un compte à terme, les intérêts courent chaque jour. Ils sont acquis, mais pas encore versés sur le compte bancaire. L’entreprise enregistre alors des produits à recevoir. Ces créances financières sont des actifs courus à l’actif du bilan.
Calcul des intérêts courus : méthodes et exemples
Plusieurs méthodes de calcul existent. La plus simple est la méthode linéaire. Elle répartit les intérêts de façon uniforme sur la durée du contrat. Cette approche convient aux prêts bancaires classiques et aux obligations.
La méthode linéaire pour un calcul simple
La formule est : capital × taux annuel × durée. La durée s’exprime en jours sur une base de 360 ou 365 jours. Prenons la société Entreprises du Futur. Elle a contracté un emprunt de 100 000 € auprès de Crédit Moderne, à un taux annuel de 4 %. Du 1er novembre au 31 décembre, on compte 61 jours. Les intérêts courus atteignent 100 000 × 4 % × (61 / 360), soit 677,78 €.
Intérêt composé et valeur actualisée
La méthode de l’intérêt composé intègre les intérêts déjà générés. Elle concerne les placements à long terme. Un effet boule de neige apparaît sur les rendements. La valeur actualisée est plus complexe. Elle ramène les flux futurs à leur valeur présente. Elle s’applique aux emprunts à taux variable.
Comptabilisation des intérêts courus au journal comptable
La comptabilisation des intérêts courus passe par le journal comptable à la clôture. Les écritures diffèrent selon la nature de l’opération. Le compte de résultat reçoit la charge ou le produit. Le bilan enregistre la contrepartie en créance ou en dette.
Écritures pour les intérêts courus non échus
Pour l’emprunt d’Entreprises du Futur, on débite le compte 6611 « Intérêts des emprunts et dettes ». On crédite le compte 1688 « Intérêts courus sur emprunts ». Cette écriture constate la dette envers le prêteur.
| Mouvement | Compte | Libellé | Montant |
|---|---|---|---|
| Débit | 6611 | Intérêts des emprunts et dettes | 677,78 € |
| Crédit | 1688 | Intérêts courus sur emprunts | 677,78 € |
Écritures pour les intérêts courus à recevoir
Pour un placement court terme, on débite le compte 5188. On crédite le compte 764 « Revenus des valeurs mobilières de placement ». Pour un placement long terme, les comptes changent. On utilise le 2768 au débit et le 762 au crédit.
| Situation | Compte bilan | Compte de résultat |
|---|---|---|
| ICNE sur emprunt | 1688 (passif) | 6611 (charge) |
| Compte à terme court terme | 5188 (actif circulant) | 764 (produit) |
| Compte à terme long terme | 2768 (immobilisations financières) | 762 (produit) |
Avant de valider les écritures, quelques vérifications s’imposent. Voici les points à contrôler :
- Vérifier la base de calcul : 360 ou 365 jours selon le contrat.
- Contrôler le capital restant dû à la date de clôture.
- S’assurer que l’écriture sera extournée au début de l’exercice suivant.
Exercice comptable : la contrepassation obligatoire
L’écriture de clôture doit être extournée au 1er janvier de l’exercice suivant. Cette opération s’appelle la contrepassation. Elle supprime l’écriture initiale et évite un double comptage. Comment éviter un double comptage ? En extournant systématiquement les écritures. Le résultat de l’exercice suivant ne supporte alors que ses propres intérêts.
Implications fiscales et cas particuliers des intérêts courus
Le traitement fiscal suit la comptabilité d’engagement. Le BOFiP confirme que les charges déductibles sont rattachées à l’exercice concerné. Les intérêts courus sur emprunt sont donc déductibles sur l’exercice de leur constatation. Les produits, eux, sont imposables même non encaissés.
Le régime fiscal des intérêts courus
Pour une société soumise à l’IS, les intérêts courus sur compte à terme sont imposables immédiatement. Ils augmentent le résultat fiscal. Les intérêts d’emprunt viennent en déduction. Ce traitement évite les décalages artificiels de trésorerie.
Comptes courants d’associés et placements long terme
Les intérêts dus sur un compte courant d’associé rémunéré suivent la logique des ICNE. Ils sont comptabilisés à la clôture. Les placements long terme utilisent les comptes 2768 et 762. Chaque contrat doit être examiné avec attention.

Rédactrice en chef de Webmarketing Allier, ex-consultante en agence digitale parisienne, revenue dans le Bourbonnais pour accompagner les TPE et PME locales. Passionnée par les méthodes simples qui fonctionnent et par la pédagogie sans jargon.