Ce mercredi 12 août 2026, le festival Les Orgues chantent au cœur de Rodez pose ses valises à l’église Saint-Amans. Le duo formé par le saxophoniste Nicolas Mizen et l’organiste Gilles Vaysseire promet une soirée où la musique sacrée rencontre la modernité. L’acoustique singulière de ce lieu, couplée à l’orgue d’Eugène Puget, offre un écrin rare pour une interprétation ciselée.
Ce cinquième rendez-vous du festival, organisé par l’Association pour le développement et le rayonnement de l’orgue en Aveyron (Adroa), s’annonce comme l’un des temps forts de l’été. Entre pièces romantiques et créations du XXe siècle, le programme explore les richesses d’un patrimoine sonore exceptionnel.
Le festival Les Orgues chantent au cœur de Rodez poursuit sa route
Chaque été, l’Adroa tisse un fil musical à travers les édifices religieux de la cité ruthénoise. La cathédrale Notre-Dame et l’église Saint-Amans deviennent des scènes vivantes où l’orgue dialogue avec d’autres instruments. Cette année, la programmation a mis l’accent sur les duos, une manière de révéler la polyphonie des grandes orgues.
Le concert du 12 août se distingue par son affiche. Nicolas Mizen au saxophone et Gilles Vaysseire à l’orgue proposent un dialogue entre cuivre et tuyaux. Leur répertoire emprunte à Fernande Decruck, César Franck et Francis Poulenc, des compositeurs qui ont su marier ces timbres avec élégance.
Les soirées se succèdent chaque mercredi depuis la mi-juillet. La fréquentation soutenue du public témoigne de l’attachement des Ruthénois à cette tradition musicale. Les bénévoles de l’Adroa constatent une hausse de 15 % des entrées par rapport à l’été précédent, signe que la formule séduit un auditoire toujours plus large.
- 1883
Construction par la maison Théodore Puget et Fils, pilotée par Eugène Puget.
- 1885
Inauguration en grande pompe dans l'église Saint-Amans.
- Après 1885
Petites retouches signées Maurice Puget et Boisseau, qui préservent l'authenticité.
- XXe siècle
L'instrument s'impose pour les symphonies de Widor, Vierne, Franck ou Dupré.
- 12 août 2026
Le duo Mizen et Vaysseire marie saxophone et orgue dans le festival estival.
Un duo de musiciens au programme de ce concert à l’église Saint-Amans
Le saxophoniste Nicolas Mizen n’est pas un inconnu pour les amateurs de musique de chambre. Formé au Conservatoire national supérieur de musique de Paris puis à la Sibelius Academy d’Helsinki, il a développé une double carrière d’interprète et de pédagogue. Directeur de l’orchestre de chambre de la Drôme, il collabore régulièrement avec des ensembles prestigieux comme l’Orchestre national de Lyon ou l’Orchestre symphonique de la radio finlandaise. Son jeu, à la fois puissant et nuancé, trouve dans l’orgue un partenaire idéal pour explorer les contrastes dynamiques.
Gilles Vaysseire, organiste et musicologue formé à Toulouse puis à Lyon, apporte une profondeur intellectuelle à ce duo. Titulaire du Diplôme d’État d’orgue et de culture musicale, il partage son temps entre l’enseignement et la scène. Son approche, nourrie par la recherche musicologique, éclaire chaque pièce d’un jour nouveau. Ensemble, ils offrent une lecture personnelle de la musique sacrée, loin des clichés poussiéreux.
La préparation de ce concert a demandé plusieurs mois de travail. Les deux artistes ont choisi des œuvres qui mettent en valeur les spécificités de l’orgue de Saint-Amans, un instrument particulièrement adapté au répertoire symphonique. Ce travail de fourmi promet une interprétation d’une grande cohérence.
L’orgue de Saint-Amans, un trésor du patrimoine ruthénois
Construit en 1883 par la maison toulousaine Théodore Puget et Fils, puis inauguré en 1885, l’orgue de l’église Saint-Amans est un chef-d’œuvre de l’art facteur d’orgues. Dirigé par Eugène Puget, ce projet a donné naissance à l’un des plus beaux opus de la maison. L’instrument, légèrement modifié par Maurice Puget et Boisseau, conserve une authenticité remarquable.

Sa particularité ? C’est le seul orgue symphonique à trois claviers et pédalier du département de l’Aveyron. Cette configuration permet d’interpréter avec fidélité les grandes symphonies pour orgue de Widor, Vierne, Franck ou Dupré. Les trois claviers offrent une palette sonore étendue, du registre le plus délicat au tutti le plus éclatant.
Le buffet, dessiné par l’architecte Vanginot, adopte un style néo-byzantin agrémenté d’éléments néogothiques. Ces choix esthétiques témoignent du goût de l’époque pour les synthèses stylistiques audacieuses. Bien plus qu’un simple meuble, ce buffet constitue une œuvre d’art intégrée à l’architecture de l’édifice.
Une acoustique unique pour la musique sacrée
Les murs de l’église Saint-Amans créent une réverbération naturelle qui enveloppe les sons. Cette caractéristique, parfois redoutée des musiciens, devient ici un atout majeur pour le répertoire symphonique. Les notes s’y fondent dans un halo sonore qui renforce la dimension spirituelle de la musique.
Cette acoustique particulière explique en partie le choix de la programmation. Nicolas Mizen et Gilles Vaysseire ont adapté leurs dynamiques pour tirer le meilleur parti de cette richesse spatiale. Le saxophone, instrument relativement peu présent dans les églises, trouve ici une résonance surprenante qui élargit le spectre de la musique sacrée.
- Un répertoire varié qui traverse les époques, du romantisme au XXe siècle
- Une confrontation instrumentale entre le souffle du saxophone et le vent des tuyaux
- Une mise en valeur du patrimoine historique de l’église Saint-Amans
- Une accessibilité accrue grâce à une entrée libre avec participation aux frais
Les prochains rendez-vous du festival : retour à Notre-Dame et 500 ans du clocher
Après cette escale à Saint-Amans, le festival retrouvera la cathédrale Notre-Dame le mercredi 19 août. Ce concert, l’avant-dernier de la saison, aura une saveur particulière puisqu’il célébrera le 500e anniversaire du clocher de la cathédrale. À cette occasion, l’organiste Jacques Pichard, accompagné de la soprano Lise-Éléonore Ravot, proposera un voyage dans la musique de la Renaissance française et anglaise.
Une création de Jacques Pichard sera également au programme. Cette œuvre, pensée pour les quatre claviers du grand orgue, promet d’explorer des territoires sonores inédits. Un moment fort qui clôturera en beauté une édition anniversaire particulièrement riche.
Le festival se poursuivra ensuite avec un dernier concert à Notre-Dame, avant la clôture du 30 août. Entre-temps, l’Adroa proposera un stage d’orgue du 25 au 30 août, ouvert aux amateurs comme aux confirmés. Ces journées d’étude, réparties entre la cathédrale, Saint-Amans et l’église du Sacré-Cœur, permettront aux participants de perfectionner leur pratique auprès de professionnels reconnus.
| Date | Lieu | Artistes | Thème |
|---|---|---|---|
| 5 août | Notre-Dame | Yasuko et Marie Bouvard | Duo d’orgue |
| 12 août | Saint-Amans | Nicolas Mizen, Gilles Vaysseire | Saxophone et orgue |
| 19 août | Notre-Dame | Jacques Pichard, Lise-Éléonore Ravot | 500 ans du clocher |
| 26 août | Notre-Dame | Artistes du stage | Concert de clôture |
Comment apprécier ce concert d’orgue à Rodez ?
La soirée débutera à 20 h 30 précises. L’entrée est libre, mais une participation aux frais est recommandée pour soutenir l’action de l’Adroa. Les places ne sont pas numérotées, il est donc conseillé de venir quelques minutes en avance pour choisir un emplacement favorable à l’écoute. La nef centrale offre sans doute la meilleure perspective sonore, mais les bas-côtés réservent aussi de belles surprises acoustiques.
Pour les néophytes, ce concert constitue une porte d'entrée idéale dans l’univers de l’orgue. La confrontation avec le saxophone rend le répertoire plus accessible, tout en conservant l’exigence propre à la musique classique. Un moment de partage qui s’adresse autant aux mélomanes aguerris qu’à ceux qui poussent la porte d’une église par simple curiosité.
L’été ruthénois prouve, une fois encore, que le patrimoine et la création peuvent avancer main dans la main. L’orgue de Saint-Amans, loin d’être un vestige poussiéreux, demeure un instrument résolument vivant entre les mains de musiciens passionnés.
Un duo orgue-saxo, ça donne quoi ?
Est-ce que je peux y aller sans rien connaître à l'orgue ?
Carrément. Le duo joue des pièces accessibles et l'acoustique de Saint-Amans fait le reste. On peut juste écouter, fermer les yeux et profiter.
Faut-il réserver avant de venir ?
Pas obligé, mais conseillé. La fréquentation a grimpé de 15 % cet été et les bénévoles prévoient du monde devant l'église.
C'est quoi le truc spécial de cet orgue ?
C'est le seul orgue symphonique à trois claviers et pédalier de tout l'Aveyron. Construit en 1883 par la maison Puget, il peut jouer les grandes symphonies de Franck ou Widor avec une palette très large.
Ça vaut le coup si je ne suis pas croyant ?
Complètement. La musique sacrée ici sert d'écrin, pas de sermon. Le duo mêle romantisme et créations du XXe siècle, donc l'ambiance est large.
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Rédactrice en chef de Webmarketing Allier, ex-consultante en agence digitale parisienne, revenue dans le Bourbonnais pour accompagner les TPE et PME locales. Passionnée par les méthodes simples qui fonctionnent et par la pédagogie sans jargon.