Le gouvernorat de Ben Arous a donné le coup d’envoi, lundi, d’une initiative nationale destinée à unifier le parcours de l’entrepreneuriat féminin. Organisée par le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, cette opération célèbre la Fête nationale de la Femme. Elle s’étendra à l’ensemble des gouvernorats du pays, avec un calendrier maintenu jusqu’en août 2027.
Cette démarche répond à un constat simple : trop de femmes porteuses de projets renoncent faute d’un accompagnement cohérent. L’initiative nationale vise à coordonner les structures d’appui, de financement et de commercialisation, de l’idée jusqu’au suivi après la création. L’objectif assumé : renforcer la capacité des femmes à entreprendre et accélérer leur insertion dans le marché du travail.
Ben Arous, laboratoire d’une dynamisation de l’entrepreneuriat féminin
Le choix de Ben Arous comme point de départ n’a rien d’anodin. Ce gouvernorat concentre une forte densité de petites activités économiques et un tissu associatif actif. Les autorités locales, sous l’impulsion du commissaire régional Ali Belhadi, ont insisté sur la nécessité de faciliter l’accès aux dispositifs existants. L’enjeu est de transformer des idées encore floues en projets réalisables et durables.
Le programme « Raidet », déjà opérationnel, illustre cette logique. Il a permis de financer 64 microprojets féminins à Ben Arous pour un montant total de 600 000 dinars. Ces financements ciblent prioritairement l’artisanat et les petits métiers, des secteurs à fort potentiel pour l’autonomisation économique des femmes.
| Axe | Actions | Résultat attendu |
|---|---|---|
| Financement | Octroi de microcrédits, mobilisation du programme Raidet | Création rapide de projets, réduction des taux d'abandon |
| Formation | Ateliers de gestion, renforcement des capacités | Meilleure maîtrise des outils financiers et administratifs |
| Commercialisation | Mise en relation avec des acheteurs, soutien aux circuits locaux | Revenus stables et pérennes pour les femmes entrepreneures |
Un accompagnement renforcé pour les femmes entrepreneures rurales
Nadia Oueslati, responsable du service d’accompagnement des femmes en milieu rural, a rappelé l’importance de la formation continue. Les femmes bénéficient d’un encadrement à chaque étape : renforcement des capacités, création du projet, puis commercialisation des produits. Ce suivi personnalisé évite l’isolement, principale cause d’abandon des projets naissants.
Les ateliers organisés permettent aux participantes de découvrir les mécanismes de financement et les conditions d’éligibilité. L’information circule mieux, les procédures se simplifient, et les femmes osent davantage se lancer. En 2025, 254 femmes de la région avaient déjà bénéficié de ce type de programme. Cette dynamique s’inscrit dans la stratégie nationale pour l’entrepreneuriat féminin à l’horizon 2035, dévoilée le 8 mars dernier.
Financement, formation, commercialisation : les piliers de l’initiative nationale
Un projet ne vit pas uniquement grâce à un financement initial. L’initiative nationale l’a bien compris en articulant son action autour de trois axes complémentaires. Le premier concerne l’accès au crédit et aux aides directes. Le deuxième porte sur la formation technique et la gestion d’entreprise. Le troisième, souvent négligé, vise la commercialisation des produits et l’accès aux marchés.
Cette approche globale change la donne. Les femmes ne sont plus laissées seules après l’obtention d’un chèque. Elles intègrent un réseau qui les suit dans la durée. Les structures régionales de Ben Arous servent de modèle, avec un guichet unique qui oriente les porteuses de projets vers le bon interlocuteur.
| Axes d’intervention | Actions concrètes | Résultats attendus |
|---|---|---|
| Financement | Octroi de microcrédits, mobilisation du programme Raidet | Création rapide de projets, réduction des taux d’abandon |
| Formation | Ateliers de gestion, renforcement des capacités | Meilleure maîtrise des outils financiers et administratifs |
| Commercialisation | Mise en relation avec des acheteurs, soutien aux circuits locaux | Revenus stables et pérennes pour les femmes entrepreneures |
Des femmes mieux informées pour des projets plus solides
La journée de lancement à Ben Arous a permis à de nombreuses jeunes filles de s’informer sur les dispositifs existants. Elles ont posé des questions précises sur les procédures, les délais, les garanties demandées. Cette transparence est essentielle pour créer un climat de confiance. Une femme qui comprend les règles du jeu se lance plus sereinement et gère mieux les imprévus.
Les témoignages recueillis lors de cette manifestation confirment un besoin réel d’accompagnement humain. Les guichets physiques restent indispensables, même à l’ère du numérique. Le contact direct avec un conseiller rassure et permet d’ajuster les dossiers en temps réel. Les initiatives comme celle de Ben Arous misent sur cette proximité pour obtenir des résultats tangibles.
L’innovation au service de l’égalité des chances
l’entrepreneuriat féminin ne se résume pas à un enjeu de justice sociale. C’est aussi un levier de développement économique pour toute la région. Les femmes qui créent leur activité embauchent, investissent et dynamisent les circuits locaux. L’innovation naît souvent de ces parcours singuliers, portés par des besoins concrets et des solutions pratiques.
Plusieurs projets soutenus à Ben Arous intègrent déjà des dimensions innovantes : transformation de produits agricoles, artisanat moderne, services de proximité. Ces initiatives montrent que les femmes ne copient pas les modèles existants. Elles inventent des réponses adaptées aux réalités du terrain. Cette créativité mérite des financements à la hauteur des ambitions.
Les clés d’un écosystème favorable
Pour que la dynamique nationale porte ses fruits, plusieurs facteurs doivent se combiner. L’accès à l’information figure en première position. Viennent ensuite la simplification administrative et la mise en réseau des actrices locales. Enfin, la présence de modèles inspirants joue un rôle décisif dans la confiance des nouvelles candidates.
Les autorités de Ben Arous ont annoncé des sessions régulières de sensibilisation dans les zones rurales. L’objectif est de toucher les femmes qui n’osent pas pousser les portes des administrations. Les relais associatifs et les collectivités locales seront mobilisés pour diffuser l’information au plus près des habitantes. Cette capillarité est la condition d’une égalité des chances réelle.
- Coordination des structures d’accompagnement, de financement et de commercialisation
- Formation continue des femmes tout au long du parcours entrepreneurial
- Simplification des procédures d’accès au financement pour les microprojets
- Accent prioritaire sur les femmes en milieu rural et les secteurs de l’artisanat
- Suivi après la création du projet pour garantir la durabilité des activités
- Diffusion d’informations claires sur les dispositifs d’aide et leurs conditions
Le pari de cette initiative nationale est ambitieux : faire de l’entrepreneuriat féminin un moteur de croissance reconnu à part entière. Les premiers signaux envoyés depuis Ben Arous sont encourageants. Reste à confirmer cette impulsion dans les autres gouvernorats, avec la même exigence méthodologique. L’autonomisation des femmes n’est pas une option, c’est une nécessité économique et sociale.
Ce que les pros ne vous diront pas
Est-ce que Raidet est réservé aux femmes de Ben Arous ?
Au départ, le programme a démarré à Ben Arous, mais l'initiative nationale doit le généraliser à tout le pays d'ici août 2027. Les femmes des autres gouvernorats pourront aussi en profiter.
Quels types de projets sont financés ?
L'artisanat et les petits métiers sont prioritaires, car ils offrent un vrai potentiel pour l'autonomie économique. Les financements passent par Raidet, avec des microcrédits adaptés.
Comment bénéficier de l'accompagnement ?
Il faut se rapprocher des structures régionales comme le guichet unique de Ben Arous. Elles orientent vers les bons interlocuteurs pour le financement, la formation et la commercialisation.
Ça coûte quelque chose de participer ?
L'initiative se veut accessible et la formation continue est prise en charge dans le cadre du programme. Seul compte le projet, pas la capacité à payer.
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Rédactrice en chef de Webmarketing Allier, ex-consultante en agence digitale parisienne, revenue dans le Bourbonnais pour accompagner les TPE et PME locales. Passionnée par les méthodes simples qui fonctionnent et par la pédagogie sans jargon.